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Mohamed Boudrika : quand des chèques déjà payés mènent malgré tout à la prison ferme

Mohamed Boudrika : quand des chèques déjà payés mènent malgré tout à la prison ferme

Dans un État de droit, un chèque impayé peut mener à des poursuites, mais une fois réglé, la procédure s’éteint. Dans l’affaire Mohamed Boudrika, entrepreneur et ancien président du Raja de Casablanca, la règle n’a pas été respectée : condamnation à de la prison ferme alors même que les chèques avaient été payés.

Question centrale : comment la justice peut-elle condamner pour une dette déjà honorée ? Quid du principe de proportionnalité et de la sécurité juridique pour les acteurs économiques ?

Ce que disent la loi et la pratique

Le chèque sans provision vise à protéger la confiance économique. Mais une fois la dette régularisée, la pratique judiciaire admet généralement que l’action pénale perde sa raison d’être : la finalité — indemniser le bénéficiaire — est atteinte. Dans des affaires similaires, les juridictions privilégient amendes, sursis ou classement, plutôt qu’une peine privative de liberté.

Une sanction qui interroge la proportionnalité

Dans le dossier Boudrika, la condamnation à la prison ferme apparaît disproportionnée au regard des faits régularisés. Là où la logique voudrait une issue financière, c’est la peine maximale qui est mobilisée, comme s’il s’agissait d’une récidive grave. Cette sévérité nourrit l’idée d’une justice à deux vitesses et d’un possible acharnement judiciaire.

Un malaise qui dépasse un seul cas

Au-delà de cette affaire, plusieurs entrepreneurs dénoncent la judiciarisation de litiges commerciaux et une certaine imprévisibilité des décisions. Quand un chèque payé peut encore envoyer en prison, c’est la prévisibilité du droit — colonne vertébrale de l’investissement et de l’emploi — qui vacille.

Conclusion : alerte sur l’État de droit économique

Qu’un chèque régularisé débouche malgré tout sur une peine ferme n’est pas une simple anomalie : c’est un signal d’alarme. La question n’est plus seulement celle de Mohamed Boudrika, mais celle d’un système qui peut transformer un différend financier réglé en condamnation pénale lourde. Pour restaurer la confiance, la proportionnalité et la cohérence des réponses pénales doivent être garanties.

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